Sans titre

Le Diabète à Nouadhibou Contribution par paapy le 06 October 2007 à 23:51:53 CEST 06 octobre 2007 : Le Diabète à Nouadhibou Le Diabète est devenu en l’espace d’un démi- siècle un véritable fléau mondial tuant chaque année plus de 3,2 millions de personnes selon l’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S) qui prévoit une progression de la maladie de l’ordre de 150% à l’horizon de 2030 dans les Pays En Développement. A Dakhlet – Nouadhibou, comme probablement dans les autres wilayas du pays, l’épidémie de Diabète étend ses ravages à toutes les couches de la population. Suivant les données statistiques fournies par l’OMS qui fait état, au niveau national, d’un taux de prévalence approximatif de 1,53 % en 2007, le nombre de diabétiques dans la wilaya peut être estimé à 2287 sur les 50100 que compterait le pays. A Nouadhibou, Capitale économique du pays, les diabétiques vivent un véritable calvaire qui s’articule autour de trois points : L’Ignorance face à la maladie et aux complications qui peuvent en résulter L’Absence de Structures de Santé adéquates et de personnel qualifié L’Etat de pauvreté de plus de la majorité des patients. Avant 2005, aucune campagne d’Information et de Sensibilisation du grand public sur le Diabète n’avait été organisée dans la wilaya, le dépistage systématique était quasi inexistant et il était impossible de se procurer un document complet sur le diabète. Qu’est-ce-que le Diabète. ? Peut-on le prévenir ? Quel traitement appliquer ? Quelles en sont les complications ? Autant de questions qui demeurent souvent sans réponse claire et précise De nombreux individus vivent dans l’ignorance la plus totale sur leur maladie jusqu’au jour où ils tombent dans le coma et meurent quelques heures après sans avoir été réanimés. D’autres ne la découvrent, avec grande stupeur, qu’à la suite de malaises ou de dégradation de leur état physique ayant nécessité une prise de sang pour analyses et généralement les complications se situent déjà à un stade très avancé. Il existe, enfin, ceux qui ont tendance à négliger leur traitement, par lassitude ou par bravade, banalisant les complications auxquelles ils s’exposent (comas, neuropathies, artériopathies, maladies cardiaques, rénales, oculaires, parodontales,…). Paradoxalement, l’environnement médical et paramédical aggrave les difficultés de la prise en charge de la maladie. La formation sur le diabète des professionnels de santé est au mieux très sommaire. Les diagnostics étant approximatifs voire erronés, les traitements prescrits ou les interventions en milieu hospitalier mettent parfois la vie des patients en danger. Il n’existe à Nouadhibou ni spécialiste en rapport avec le diabète (Endocrinologue-Diabétologue, Cardiologue, Neurologue, podologue, Diététicien..) et de ce fait ni Centre de Soins ou d’Education Thérapeutique pour les diabétiques qui ne bénéficient que de quelques actions caritatives sans véritable impact sur la prise en charge globale de la maladie. Le Centre de Réanimation du Centre Hospitalier de Nouadhibou (C H N) manque à la fois d’équipement et de personnel qualifié pour le plus grand malheur des personnes qui y sont évacuées dans le coma. Par ailleurs, sur les sept laboratoires de la ville, un seul pratique un examen capital pour les diabétiques, l’hémoglobine glyquée (HBA 1c) dont le taux permet d’estimer la glycémie moyenne des trois mois précédents tout en indiquant le risque de complications à long terme. La fiabilité des résultats des analyses pratiquées par quelques laboratoires laisse souvent à désirer. Les efforts entrepris pour la spécialisation des professionnels de la santé doivent être accentués en mettant à leur disposition l’ensemble des moyens qui leur sont nécessaires. Ainsi seront-ils mieux à même d’apporter aux diabétiques une aide précieuse avec des connaissances sur la maladie toujours réactualisées. La Pharmacie Centrale de la Municipalité de Nouadhibou ne dispose aujourd’hui d’aucun produit destiné aux diabétiques. On enregistre un net recul du fonctionnement de cette pharmacie où les diabétiques pouvaient se procurer, il n’y a pas si longtemps, des médicaments génériques et du matériel médical de grande qualité à très bas prix. Parmi les 42 pharmacies privées que compte actuellement la ville de Nouadhibou, 12 d’entre elles ne vendent aucun médicament hypoglycémiant et il est quasiment impossible de se procurer certains médicaments (Insuline en cartouche de 3 ml, Novonorm…) ou du matériel et des outils médicaux (lecteurs de glycémie, bandelettes, lancettes, tensiomètres...). Pour les produits disponibles, les prix appliqués sont exorbitants compte tenu du revenu moyen des mauritaniens et de l’absence d’une couverture médicale pour plus de 90 % d’entre eux. Selon la Banque Mondiale et L’ OCDE , le PIB par habitant en Mauritanie, était en 2004 de 510 $ US soit moins de 1,5 $ US par jour ( environ 380 Um ). Les dépenses de santé par habitant au cours de la même année s’élevaient à 11$ US alors que le montant recommandé pour atteindre les Objectifs Du Millénaire dans le domaine de la santé avait été fixé à 20 $ US. Sur un échantillon de 100 diabétiques adultes de plus de 30 ans recensés en 2005, 42 avaient besoin d’une assistance en raison de leur âge, du stade avancé de la maladie et surtout de leur extrême pauvreté. Un diabétique placé sous Daonil 5 mg (antidiabétique oral le moins cher sur le marché) à raison de 3 comprimés par jour, sous régime diététique et effectuant 2 contrôles de glycémie dans le mois, devrait y consacrer, au minimum, un budget mensuel équivalant à près de 85% du SMIG actuel porté à 21 000 Um. ! Aussi, faute de moyens, de nombreux patients s’en remettent à Dieu, essayant de vivre avec des taux de glycémie très élevés (> 2,0 g / l à jeun) sans aucun traitement, jusqu’à ce que la mort les emporte. D’autres constituent une proie facile pour des tradi-praticiens véreux qui leur font miroiter une guérison rapide à moindres frais. C’est dans ce contexte que l’Association des Diabétiques de Nouadhibou (ADN) a été fondée le 12 Février 2005.Elle s’est fixée trois principaux objectifs : Information, Education et Prévention Aide et Assistance aux personnes les plus fragiles Relations de partenariat avec d’autres associations Ses ressources provenaient des cotisations de quelques uns de ses membres et de Dons de médicaments et de matériel médical émanant de l’Association Visionnaire Contre l’Analphabétisme (AVCA), de Dr Lourdes et de Medicos Del Mundo. De Février 2005 à Juin 2007 l’A.D.N. a distribué gratuitement plus de 50.000 Antidiabétiques Oraux ,360 cartouches ou flacons d’insuline avec aiguilles et seringues (aux femmes enceintes, aux enfants et aux personnes âgées) ,10 lecteurs de glycémie avec bandelettes et lancettes, 10 carnets d’Auto-surveillance glycémique, 40 brochures et fiches sur le diabète par Dr Lourdes Benitez Gonzales traduites en Français et en Arabe, 50 boites d’édulcorants de synthèse. Elle a organisé du 27 au 30 Avril 2005 des journées d’information et de sensibilisation sur la « Diabésité » au Lycée de Nouadhibou ; en Juin 2005 une Table Ronde animée par Dr Lourdes spécialiste en endocrinologie et du 29 au 30 Avril 2006 une opération gratuite de130 contrôles de glycémie au Centre de Santé de la Moughataa précédée d’une campagne d’information à la Radio FM. de Nouadhibou. Elle a participé la même année à 3 émissions traitant du diabète sur la Radio FM locale et fait publier trois articles sur la situation des diabétiques de la ville (Eveil-Hebdo numéros 575 et 601 et dans Equilibre revue de l’AFD numéro 249). Des relations fructueuses se sont développées avec l’Association Française des Diabétiques ( A.F.D.) , l’Association Sénégalaise de Soutien et d’Aide aux Diabétiques (A.S.S.A.D.) , une O.N.G espagnole Asociacion Objetivo del Milenio : Salud Para Todos et Medicos Del Mundo Canarias de Nouadhibou. Aujourd’hui l’ADN traverse une grave crise financière consécutive à l’arrêt des cotisations, ce qui s’est traduit par la fermeture de son siège et la suspension de ses activités dans un climat d’indifférence totale. Le Diabète pose pourtant un problème majeur de santé publique . Il se propage rapidement et affecte principalement les personnes en âge de travailler avec des incidences néfastes sur le développement économique et social du pays. C’est essentiellement le mode de vie actuel qui est mis en cause dans l’évolution inquiétante du diabète de type 2. La tendance croissante à une alimentation déséquilibrée (excès de sucres et de graisses) associée à une sédentarité de plus en plus marquée (voiture, T.V., ordinateur …) favorisent la surcharge pondérale puis l’obésité. La solution se trouve dans une prévention active chez les personnes à risques, des diagnostics précoces et un traitement rapide et adapté. Au niveau local, des institutions comme la COMMUNE et des entreprises comme la SNIM devraient apporter leur soutien à l’ADN pour des opérations de dépistage et de sensibilisation du grand public au diabète. Au niveau national, il devient urgent que l’Etat définisse et mette en œuvre, comme il en existe pour le VIH- Sida, le Paludisme ou la Tuberculose, un Programme National de Lutte contre le diabète et l’obésité en collaboration avec les professionnels de santé et toutes les associations des diabétiques du pays. Les diabétiques de leur côté, doivent se libérer de la mentalité d’ « éternel assisté » pour devenir de réels acteurs de leur santé et des partenaires responsables pour le Corps Médical comme pour les Pouvoirs Publics dans la gestion de la maladie. Nouadhibou, 05 Octobre 2007 Issa Mamadou Diop Président de l’A.D.N. Note: Info source : Issa Mamadou Diop
Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site