Sans titre

Pharmacie : une mise au normes nécessaires Une rapide rétrospective de l’évolution du secteur pharmaceutique national durant le dernier quart de siècle libéral permet de constater qu’à l’évidence les deux piliers de ce secteur, à savoir le médicament et le Pharmacien qui en a la responsabilité, sont dans une situation telle qu’une action urgente soit nécessaire pour empêcher que tout le système ne s’écroule. A - Le médicament d'abord Avant d’interpeller les autorités sur le sort qui leur est fait, les Pharmaciens se doivent avant tout de tirer la sonnette d’alarme pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur les dangers que recèle le non respect du circuit légal d’importation et de dispensation des médicaments dans notre pays. I - L’arsenal légal et réglementaire Il est relativement complet, malgré quelques lacunes, et il dispose : 1 - Qu’en ce qui concerne les importations : Elles sont du ressort des seuls grossistes autorisés par le Ministre de la Santé, et qui sont placés sous la responsabilité technique d’un pharmacien, ceux-ci n’importent que les médicaments titulaires d’une A.M.M (Autorisation de Mise sur le Marché), toute importation doit faire l’objet d’un visa de la DPL et d’une DPI (Déclaration Préalable d’Importation) permettant son contrôle par la Société en charge de la surveillance des importations (SGS). 2 - Qu’en ce qui est de la dispensation : la dispensation des médicaments est du seul ressort des pharmacies et dépôts, les pharmacies sont obligatoirement placées sous la responsabilité technique d’un pharmacien et les dépôts sous celle d’un technicien supérieur en pharmacie, ou à défaut un préparateur en pharmacie ou un agent paramédical, II - LA REALITE Le constat est que, du fait de la faiblesse de l’encadrement et du contrôle institutionnel, ces dispositions sont contournées par des individus qui se livrent à la fraude et/ou à l’exercice illégal de la profession de pharmacien. La fraude : Elle est massive et implique quelquefois des grossistes dûment autorisés, qui continuent à utiliser des filières informelles pour « importer » des médicaments, hors le circuit légal, dont ils inondent le marché à prix cassés. Chantres « de l’accessibilité financière des médicaments pour les populations démunies » ces opérateurs passent commandes et réceptionnent à tour de bras des quantités industrielles de produits qu’ils proposent à bas prix. Des produits à l’évidence suspects, introduits frauduleusement dans le pays, qui font la fortune de quelques uns au détriment de la sécurité de tous. En effet, il est ici question de la sécurité que l’Etat a l’obligation de garantir à tout citoyen en assurant sa protection contre tout agissement criminel qui pourrait porter atteinte à sa personne. L’attrait du prix réduit est l’arme, fatale si on peut dire, des marchands de contrefaçon dont on peut sourire de l’art de fourguer « la copie du sosie », sauf quand celle-ci tue. Si le marché parallèle, illégal, des médicaments existe presque partout, il revêt un caractère plus inquiétant dans notre pays par sa jonction avec certaines structures légales, formelles. En effet, si on considère que toute importation sans DPI est frauduleuse on ne peut que convenir que le marché parallèle, marginal ailleurs, est devenu principal ici. L’exercice illégal de la profession : Il est de notoriété publique que rien qu’à Nouakchott un nombre important de points de vente sont ouverts et fonctionnent sans le responsable technique prévu par la loi, et quelque fois sans autorisation ! et ce, malgré les engagements répétés des autorités d’y mettre un terme. Dopés par l’impunité dont le secteur est le théâtre depuis plus de quinze ans, certains propriétaires de pharmacie sont passés à la vitesse supérieure en ajoutant à leur « carte de visite » l’exercice illégal de la médecine dans les locaux mêmes de leurs pharmacies. Ils offrent la consultation, expresse, gratuite au patient-client qui accepte, en contrepartie, d’acheter sur place les médicaments prescrits par l’infirmier de service. Il s’agit là d’un exercice illégal et de la profession de médecin et de celle de pharmacien de nature à compromettre les intérêts de la santé publique. La libéralisation de l’exercice de la profession de pharmacien est ainsi réduite à la liberté de vendre des médicaments, en usant à l’occasion de tous les stratagèmes pour abuser des populations dont on prétend vouloir alléger les souffrances. B - Les pharmaciens Ils sont marginalisés aussi bien dans le secteur privé que dans le public : I – LE PRIVÉ D' ABORD : 1 - les établissements grossistes : Si on peut comprendre que peu de pharmaciens soient actionnaires ou propriétaires d’établissements d’importation, compte tenu des moyens financiers que cela suppose, on ne peut que regretter que, très souvent, les pharmaciens responsables prévus par les textes soient confinés dans des rôles subalternes. 2- les Pharmacies : Sur une centaine de pharmacies pour la ville de Nouakchott à peine 20 appartiennent à des pharmaciens, les autres étant détenues par des particuliers dont certaines, qui bravent les injonctions de l’administration, fonctionnent dans l’illégalité. Le petit nombre de pharmaciens propriétaires s’explique par la concurrence déloyale de grossistes propriétaires de pharmacies qui en ont poussé plus d’un vers la sortie et dissuade les autres de s’y aventurer. Ces derniers contournent ainsi la loi, qui leur interdit de vendre au détail, et, cumulant les marges de grossiste et de détaillant, ils cassent les prix et faussent la concurrence. Approvisionnant en priorité leurs pharmacies ces grossistes-là rationnent et privent parfois les pharmacies qui ne leur sont pas affiliées, qui se trouvent contraintes à rechercher d’autres sources d’approvisionnement, y compris informelles. Ces pratiques déloyales expliquent largement les raisons de l’expansion fulgurante du marché parallèle. II – LE PUBLIC : Si la pharmacie est une profession par essence libérale, il n’en demeure pas moins que l’Etat a grand besoin de pharmaciens pour garantir l’accompagnement institutionnel du secteur privé et assurer la gestion des structures et projets ayant pour objet le médicament. Or, sur plus d’une vingtaine de hautes fonctions centrales du Département une seule est occupée par un pharmacien, la Direction de la Pharmacie en l’occurrence. Il apparaît ainsi nécessaire que des ajustements soient opérés pour corriger le déséquilibre endémique entre les médecins, qui occupent l’essentiel des postes importants, et les pharmaciens, dont les prétentions sont légitimes. Il est inconcevable que sur la centaine de pharmaciens dont dispose notre pays on ne trouve aucun profil de Directeur, de Conseiller ou de Chef de projet. L’argument du déficit de formation en certains modules, tel que celui de santé publique, utilisé pour barrer la route aux pharmaciens est paradoxal quand dans le même temps des pharmaciens sont privés de bourses de spécialisation. En plus de la Direction de la Pharmacie, l’Inspection, le Laboratoire de contrôle de qualité et les grands centres hospitaliers doivent être dotés en ressources humaines qualifiées, de pharmaciens au fait des progrès scientifiques pour faire évoluer le secteur. Association des Pharmaciens de Mauritanie ( APHARM ) apharm@mauritel.mr Note: Info source : Association des Pharmaciens de Mauritanie
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